Journal de L.A.M.E n° 2 par Catherine Langumier




landart, sculpture, limites de la propriété, boule de barbelés


les limites de la propriété - 1997 - Catherine Langumier

 


Pour trouver facilement les noisettes on marche pieds nus dans la rosée des prés. Chaque pas les sent sous sa plante.

Il n’y a pas de courant vagabond.

Il y a bien des années que j’ai adopté le chêne, le hêtre et le noyer. 



Aujourd’hui j’ai croisé le regard de mon nouveau voisin le veau. Je n’ai pas pu m’empêcher de prononcer des excuses à la façon des Indiens pour la viande que j’avais consommée, encore la veille au soir, et dans toute ma vie jusqu’à présent.

- Tu ne sais pas que nous risquons d’être empoisonnés ? Lentement électrocutés, lui dis-je par-dessus le talus.

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Quand les énormes câbles (à débarder d’un bout à l’autre du pays la production nucléaire) chargés de 400 000 Volts  perdront tout au long de leur parcours et sur un large sillage une assez grande quantité d’électricité pour créer un champ électromagnétique invisible mais bien réel, alors le cycliste revenant de la boutique du droguiste un soir d’hiver verra (s’il tourne la tête) sur son porte-bagage le tube de néon qu’il vient d’acheter s’allumer tout seul au milieu de la nuit.

Sans commutateur et pourtant comme déjà au plafond de sa cuisine.

 


*

 

 

L’air s’emplit d’ondes nocives et d’ions mortels. Cela dépend des jours, cela dépend du temps qu’il fait, de la quantité d’eau contenue dans l’atmosphère, de la nature du sol et de je ne sais quoi encore qu’il faudrait peut-être demander à ceux qui le vivent, ceux-là qui sont parvenus à en dire quelques mots, n’ont pas eu l’air de trouver l’expérience agréable.

 

Comprenons que la population qui est concernée d’office par l’expérimentation s’en inquiète.

Dont L.A.M.E, qui répète avec Bartleby : We would prefer not to.

 

Les chauves-souris qui tournent devant ma fenêtre disent en voletant : « et nous, et nous qui marchons à l’électricité comme tes nerfs, ton cerveau, tes muscles ; que nos radars s’affolent, et tous les nôtres s’affalent - comme les baleines que les transmissions déroutent, s’échouant sur le rivage.

Et nous, ne nous oublie pas ! »

 

Et qui, et qui encore ? 


à suivre...

 
 

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