L.A.M.E menacée
par le passage d'une ligne à
très haute tension de 400 000 volts !
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la bergère de
granit Catherine
Langumier - Land-Art
Un creux de terre verte, bordée d’une rivière vive où le ciel enfonce son coin acéré. Une terre en pente qui dévale, mottes moelleuses sous les talons où l’on peine à rester
debout bousculés par la lune qui déboule sous les jambes à nous faire rouler cul par-dessus tête. C’est sur cette terre à la gite que ma soeur avait jeté l’ancre il y a presque vingt ans. Un vrai
chien Pipo en ciré jaune qui quittait la tempête pour la maison de Caroline. Un jeu de poupée découpée dans du carton dont on troquait à l’envie les tenues de papier : bonnet, mitaine, drap de
laine. On avait tous eu froid à Saint Maur et se disait que c’était ça une terre pentue accrochée dans un temps d’avant le confort, où l’on comprenait que Rousseau avait eu trop chaud au visage
et trop froid au dos. On venait s’asseoir au foyer, boire un verre de vin et on y cardait son étoupe mentale, filant sa laine intime et enroulant sur ses mains ouvertes un bel écheveau de fils.
Quantité d’écheveaux colorés et intangibles de fils rénovés. Sale ironie qu’une ligne bassement tendue soit la troisième Parque de ce bel ouvrage de dame.
Salut à toi dame Catherine, la renoueuse de Normandie.
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