Vertical vertige par Thibaut Mosneron Dupin

Publié le par L'AME

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« Etes vous poète ? Etes vous malade ? » ce sont les questions que m’avait posé d’un coup un soir du début des années quatre-vingt dans un café du Boulevard du Montparnasse un écrivain anglais dont j’avais apprécié les romans quelques années plus tôt.

On peut dire que les deux questions sont venues trop vite l’une à côté de l’autre pour pouvoir jamais y répondre, ni à l’une ni à l’autre.
Mais on peut aussi dire que ces deux questions collées sont associées à un mode d’être et que dans ma relation avec Catherine et dans la fréquentation de son lieu, ce mode est entretenu.              

 « J’ai l’idée qu’un titre contient à sa manière capitale tout le livre en son essence. »  m’écrivait Catherine en mars 2003 après que m’était venu à l’oreille son idée de nommer le récit que j’avais écrit La tarentelle,  « Pas comme un propos résumé, mais selon le mode qui lui a donné jour. Comme cela il peut faire pendant honorable au volume des phrases. Et comme il me semble que ta méthode favorite est ce qu’on appelle aussi chez nous :  « la danse de Saint-Guy »  ou autre forme de transfiguration cathartique et rédemptrice, dont la « tarentelle » désigne précisément le vertical vertige, je pensai que ton texte serait ainsi visible dans sa plus fine dimension. Je crois me souvenir qu’on désigne par « danse de Saint-Guy » la réaction de folie furieuse que provoque l’absorption de l’ergot de seigle : champignon qui se développe sur la graminée placée en mauvaise condition de conservation. La danse organise une réponse à la piqûre empoisonnée, où est jeté l’initié dans son axe. » 

D’ailleurs, quand nous nous sommes rencontrés, j’avais la grippe et Catherine m’a parlé de la revue l’Absolu ManifestE ; plus tard dans la soirée, elle m’a recommandé l’Oscillococcinum pour soigner la grippe ; c'était une fête du 31 décembre et, en avançant dans la nuit, je confondais et intervertissais les deux intitulés.

 

Publié dans Témoignages

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Gwendoline 30/10/2007 13:09

Je reproduis le commentaire d'un visiteur qui m'a bien plu : "etes-vous poète ? êtes-vous malade ?... Je vous souhaite vivement d'être les deux... poètes pour jouir de ce monde... et malades pour le sauver !"