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Retrouvez L.A.M.E le mercredi à 8h50 sur Aligre FM 93.1 

écoutez la chronique hebdomadaire à la fin de l'émission

vcopodcast.podemus.com/ 

écoutez  L.A.M.E à Voix contre oreille :
 
émission du 13 novembre 2007
                                           émission du 22 février 2008

L.A.M.E menacée
par le passage d'une ligne à très haute tension de 400 000 volts !




Signez notre pétition en envoyant à l'adresse ci-dessous vos nom, lieu de résidence, qualité (et commentaire si vous le souhaitez). Merci!

petitionlame@laposte.net

Lundi 26 novembre 2007






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Attention ! Si vous ne renoncez pas à votre funeste projet, nous n’hésiterons pas à lâcher sur vous nos lucioles et nos vers luisants.



Ce n’est pas si grave, après tout. Nous allons nous reconvertir et louer désormais notre amphithéâtre aux sectes qui cherchent un lieu où organiser leurs suicides collectifs. Assis sur les gradins, leurs membres attendront la mort, qui sera lente et douloureuse comme il est convenable pour expier une vie de péchés.



Oui, sachons décidément voir le bon côté des choses. Sur la portée de ces lignes noires, nous écrirons nos plus beaux requiem, et des marches funèbres bouleversantes pour les enterrements de nos voisins.
   


  

Par L'AME
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Jeudi 22 novembre 2007

la-berg--re-de-granit.JPG            la bergère de granit                                                     Catherine Langumier - Land-Art



Un creux de terre verte, bordée d’une rivière vive où le ciel  enfonce son coin acéré. Une terre en pente qui dévale, mottes moelleuses sous les talons où l’on peine à rester debout bousculés par la lune qui déboule sous les jambes à nous faire rouler cul par-dessus tête. C’est sur cette terre à la gite que ma soeur avait jeté l’ancre il y a presque vingt ans. Un vrai chien Pipo en ciré jaune qui quittait la tempête pour la maison de Caroline. Un jeu de poupée découpée dans du carton dont on troquait à l’envie les tenues de papier : bonnet, mitaine, drap de laine. On avait tous eu froid à Saint Maur et se disait que c’était ça une terre pentue accrochée dans un temps d’avant le confort, où l’on comprenait que Rousseau avait eu trop chaud au visage et trop froid au dos. On venait s’asseoir au foyer, boire un verre de vin et on y cardait son étoupe mentale, filant sa laine intime et enroulant sur ses mains ouvertes un bel écheveau de fils. Quantité d’écheveaux colorés et intangibles de fils rénovés.  Sale ironie qu’une ligne bassement tendue soit la troisième Parque de ce bel ouvrage de dame.
Salut à toi dame Catherine, la renoueuse de Normandie.



Par L'AME - Publié dans : Témoignages
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Lundi 12 novembre 2007


Pylones-malades-6647.jpg        photographie Yves Pommeron 


Dans ce ciel, nos ondes mauvaises partaient en fusées, en étoiles filantes, en feux d’artifices ; dans ces prairies, nous brûlions l’électricité qui raidit nos muscles et torture nos nerfs, nous déchargions la tension de nos vies fébriles, nous crachions nos foudres, nos éclairs, nos chats hérissés – y viendrons-nous à présent récolter des châtaignes ?
 
Une autre question me trouble, une inquiétude, en imaginant le ciel tendu de ces câbles mortels : où pratiquerons-nous la lévitation désormais ?
 
Une dame aussi belle que notre hôtesse et qui connaît comme elle les secrets de la nature s’invite dans le grenier de l’une des bâtisses. Elle y dort, elle y régurgite la pelote d’os de son dîner de sorcière. Elle se trouve bien de ce régime. C’est la dame blanche, la chouette effraie dont les effectifs sont en constante baisse et qui ne sort qu’au crépuscule, quand la pénombre s’avance. Son œil riche en bâtonnets rétiniens est en effet infiniment plus sensible que le nôtre à la lumière : le jour l’aveugle ; mais la nuit, elle distingue depuis sa branche un mulot naissant sous une feuille de trèfle. C’est donc bien aimable d’avoir pensé à elle, mais franchement, non, elle ne veut surtout pas l’électricité.


Par L'AME
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Dimanche 11 novembre 2007
J’ai eu vent de l’intrusion
de lignes à très haute tension.
La nouvelle m’a fait l’effet d’un électrochoc.
Dans ce lieu préservé des mauvais traitements de la ville
On prend le pouls du monde
une main tenant le petit arrosoir, un bulbe de printemps.
Des idées circulent. Le courant passe.
Ironie du sort, on voudrait
au nom de l’intérêt collectif ravager ce jardin.
La folie consiste à éluder la question du risque.
 
Mais nous sommes conscients des nuisances électromagnétiques
émises par ces balafres dans le paysage,
leur impact toxique sur la biodiversité.
 
Il fut un temps où l’AME creusait tranquillement
son sillon dans les champs alentour.
Aujourd’hui, la menace des ondes plane sur le chant des oiseaux.
Je ne veux pas croire ce temps de l’harmonie révolu.


 



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Photographie Yves Pommeron



 

Par L'AME
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Samedi 10 novembre 2007

L'Absolu ManifestE (L.A.M.E.), est à l'origine un collectif poétique né dans les années 1980, à l'initiative d'un lecteur passionné de Malcolm de Chazal : Eric Meunié, qui rallia divers artistes et écrivains : Jean-Luc Parant, Michel Camus, Jean Carteret, Jean-Louis Giovannoni, André Pieyre de Mandiargues, Catherine Langumier... Autant dire qu'à défaut de foi, je suis née dans l'A.M.E : j'avais 9 ans, et Eric Meunié était mon père adoptif.
 
A lui seul, le nom de l'association me donnait enfin les mots pour le dire. L'Absolu ManifestE, ce raccourci hégélien, avec son bel acronyme, résumait une conversation ébauchée trois ans plus tôt avec ma mère - à propos de réalités différentes pour chacun, de l'incompréhensible distorsion des perceptions d'une personne à l'autre, et de l'intuition d'un réel plus grand - plus grand que ma mère, plus grand que mes éducateurs, plus grand que moi.
Peu importe que, du haut de mes petites années et de mon goût immodéré pour les Histoires comme ça et Les enquêtes d'Alice, je sois passée complètement à côté de La phénoménologie de la jouissance sexuelle, des Paraphrases hérétiques ou du Jeu de Loi de l'A.M.E (publiés dans la revue entre 1983 et 1988)...
Car à lui seul, l'écrin de la revue, sa devise, m'était un précepte pour la vie ; absolu manifeste, alpha et oméga de ma quête, ces mots m’inventèrent un lignage, une famille.

 

Photo-Gwen-Blog.JPG

 

 
Dix ans après sa première publication, l'Absolu ManifestE a changé de dimension. Quittant la banlieue parisienne, ses protagonistes investirent une ferme normande à l'abandon. Ainsi, ils mirent en œuvre le sens premier de la poésie : ils créèrent dans ces ruines, un lieu de mémoire et de partage, où depuis lors séjournent chaque année des visiteurs venus de tous horizons, artistes ou non, qui éprouvent le besoin, le désir, de cultiver quelque bourgeon atrophié par la vie sans âme, d’y trouver sève ou racine...
Désormais, on peut y apprendre la relaxation, pratiquer des cultures potagères ou plasticiennes, échanger des créations culinaires comme textuelles, et tout simplement laisser se déposer en soi le fil des jours en partageant avec les hôtes de St-Maur-des-Bois.

Bien sûr, ce n'est pas facile de rentrer de l'Autre monde. « Poisseux, précaire... », comme Bardamu, on retrouve ce fil des jours « comme on l'a laissé traîner par ici, il vous attend. » Mais on le reprend d'une main bien différente, verte du verbe et du grand air.
 
D’abord blason, l'Absolu ManifestE, est devenu, comme pour maintes autres personnes, mon domaine. En cette terre éloignée, foyer possible d'une tribu mouvante, je continue de me manifester, afin de ne  pas me perdre absolument. Car je sens qu'il y sera toujours possible d'y être soi, et que le sens de cette présence là-bas sera de se diriger au plus près d'autres. J'en tire ma force ici.
 
Or voici l'A.M.E. menacée dans son incarnation...
Les mots me manquent pour dire ce que j'encours, ce que je crois que nous encourons tous dans un tel péril - puisqu'à mon sens l'A.M.E. a pour vocation de s'ouvrir à chacun selon sa demande.
 
Merci de nous ouvrir la vôtre, en nous témoignant que vous partagez notre objectif et que vous refusez de croire qu’une telle entreprise puisse être menacée par l’arbitraire expéditif d’un tracé consumériste.

          

pleine-lune.JPG



  Nous espérons vos messages à petitionlame@laposte.net.
Par L'AME - Publié dans : Témoignages
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Vendredi 9 novembre 2007


Avril 2006

Il y a vingt ans, c'était Tchernobyl.
Le quatrième réacteur. Officiellement 56 morts*.
Les années en six sont toutes terribles.
 
(...)


Octobre 2006

En 1988, c'était le concert de Johnny Clegg avec maman,
Maxime et Bernard.
Bernard déjà malade.

La tyroïde.

(...)

Novembre 2006

Je me souviens de Bernard rasant les murs,
maigre,
sans cheveux.
Je me souviens qu'on avait dit « Il a mangé des
salades contaminées ».
On nous avait raconté que le nuage n'avait pas traversé la frontière.

Il devait mourir quelques mois plus tard.

*Source soviétique officielle citée dans le film de Thomas Johnson "La bataille de Tchernobyl".



Pierre-d-angle.JPG  
Pierre d'angle, Photo L'AME

Par L'AME
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Jeudi 8 novembre 2007
Deux choses me remplissent le cœur d'une admiration et d'une vénération, toujours nouvelles et toujours croissantes, à mesure que la réflexion s'y attache et s'y applique : le ciel étoilé au- dessus de moi et la loi morale en moi. Kant, Critique de la raison pratique, V, §77
 
 
A Saint Maur des Bois, Manche, l’AME a trouvé son lieu propre – où se déployer librement, où exister sereinement.
Un pur lieu, comme disent aujourd’hui les djeun’s, c’est-à-dire un lieu pur.
Car ici l’AME s’incarne, ici l’AME prend corps.
Le dehors, le dedans, tout est là cohérent : et l’espace est mental.
 
A Saint Maur des Bois, Manche, existe une harmonie : celle d’un monde voulu et créé, préservé – inventé. Un monde où l’on aime ce qui ne dépend pas de nous, et où l’on décide, individuellement, collectivement, de ce qui peut (ou doit) dépendre de nous.
Un monde en ordre – (micro)cosmos précieux , à la fois beau et bon : dont il serait tout simplement criminel de mettre en danger l’équilibre.
 
Il est pourtant question que des lignes à Très Haute Tension bientôt viennent griffer ce paysage unique : et ce faisant insultent l’art, la nature, l’homme même.
 
Voudrions-nous raturer ce que nous écrivons de plus beau ?
Biffer d’un seul trait, entre deux pylônes électriques, la loi morale en nos cœurs, et le ciel étoilé sur nos têtes ?
 
 
                                                     dog-corner.JPG
Par L'AME - Publié dans : Témoignages
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Lundi 5 novembre 2007

Un de ces petits paradis terrestres (les seuls dont on pourrait penser que l'on a pas à douter de leur existence !) est
en danger.
 
Comment peut-on espérer lutter contre l'évolution infernale de la détérioration de notre planète, en continuant de scier la branche sur laquelle nous sommes tous assis, en détruisant ces lieux que l'on devrait chérir où fourmillent les bonnes volontés éclairées et les témoins et acteurs d'un art de vivre et d'une recherche agie et exprimée d'un autre lendemain ?

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 Land Art - L'amphithéâtre (détail)

Aucun être humain ne voudrait devoir dire à ses enfants : "Je t'ai désiré pour moi et moi seul et je n'ai pas fait tout ce que je pouvais pour protéger ton lieu de vie"
 
Je veux croire encore que l'analyse, la connaissance et la responsabilité ne sont pas totalement perdues , noyées sous le tsunami du rendement et du profit.
 
Ne tuez pas l'espoir !
Par L'AME - Publié dans : Témoignages
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Samedi 3 novembre 2007
Ce sont de tout petits êtres qui dressent à la face d’un monde qui les ignore et les afflige un maigre livre où tout est contenu de leur dignité, de leurs forces et de leurs protestations. Ils sont comme des souris, des mulots agités par un tremblement perpétuel et aventurant leur museau pour défier une invisible puissance qui les terrorise. C’est pathétique et cruel. C’est sans grand espoir de succès. Mais c’est beau cette fois-ci encore. C’est beau de nécessité. Le fond de l’affaire n’est pas qu’ils nous ressemblent, mais que la beauté commande en nous le désir impérieux de les rejoindre et de leur ressembler.

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Par L'AME
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Mercredi 31 octobre 2007
Ame : 
« Principe de la vie végétative et sensitive »
« Ensemble des fonctions psychiques et des états de conscience »
« Ensemble des états de conscience communs aux membres d’un groupe »
« Partie essentielle, vitale, d’une chose : noyau d’une statue ; partie médiane ou principale (centre, noyau) : l’âme d’une poutre, d’un conducteur électrique. »          
                                                           dictionnaire Robert
 

L’âme du lieu se trouve partout dans ce lieu :
 
             En chacun qui la vit quand il est là
 
             Dans les activités qui ont lieu là
 
             A chaque endroit du village
 
      Lequel est formé de l’assemblée de ses résidents



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L'âme est notre assemblement par un lieu donné

L'âme est inscrite, nécessairement.

Elle anime l'assemblée de ceux qui résident ici et dans un temps donné. Elle est le bien général, admis et vécu par tous en chacun.
Elle fait l'unanimité.


Une installation de chaque instant qui a lieu là


L'âme du conducteur électrique n'a pas de lieu par où elle passe, étrangère, pour un
« bien commun » qui n'en est certainement pas un au regard, physique, de qui subit personnellement la présence, continûment et en son lieu, du courant passant et pulsant qui lui nuit doublement : dans sa santé et dans la source de celle-ci. Le courant t'emporte nulle part. perpétuellement.
A perpétuité.


Allons-nous rendre l'âme ?

Par L'AME - Publié dans : Témoignages
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