L.A.M.E menacée
par le passage d'une ligne à
très haute tension de 400 000 volts !
Transcription Radio du 13 11 07
Comment vivre sans nuire ?
L.A.M.E menacée
par le passage d'une ligne à
très haute tension de 400 000 volts !
PUBLICATION
CAHIER DU REFUGE n° 207
Centre International de Poésie Marseille
cip.M février 2012
Actualité de L'absolu manifeste, La sphère barbelée
LA SPHERE BARBELEE
Nous vivions en ville.
En 1982, nous avons créé l’Absolu ManifestE (L’AME), revue poétique au format changeant et à la périodicité libre, concept ouvert (l’absolu manifeste, et non pas le manifeste de l’absolu) pour comprendre le monde qui nous comprend.
Mais que l’art et l’écriture soient relégués dans un cadre prévu à cet effet, accroché aux murs des Bourgeois que nous aurions aimé ne plus servir, faussait la perspective et reconduisait tout élan dans le même système stérile, sans alternative.
Nous avons donc longtemps cherché un lieu où l’espace et le temps seraient devant soi, vierge comme une toile peinte par la nature, dont nos tableaux d’expérimentation feraient la légende. Un lieu d’apprentissage, de méditation, tout l’inverse d’une résidence secondaire.
En 1992, nous avons pu établir notre association sur un territoire normand de sept hectares pentus, quasi alpins, déployant à l’horizon des crêtes étagées, et en contrebas les sinuosités d’une vive et rêveuse rivière.
Sur ce site, nos activités communes et respectives ont changé sensiblement de nature. L’intuition poétique est un outil qui ne produit pas uniquement des poèmes.
Or, par une curieuse figure du destin, c’est sur notre site, à travers et par-dessus nos têtes que l’État a décidé d’implanter l’autoroute électrique d’un double circuit de lignes à très haute tension (400 000 volts). Le tracé a été décrété autoritairement et dans le déni de toutes les valeurs écologiques qui fondent notre existence et nos activités dans ce lieu depuis vingt ans.
En effet, nous savons que les surpuissants champs électromagnétiques d’extrêmement basse fréquence altèrent gravement le métabolisme des cellules vivantes, et que seul le commerce nucléaire en amont justifie d’imposer aux riverains un pareil poison.
Au bout des lignes, un réacteur si peu sûr et si coûteux qu’il fait l’objet de nombreux rapports alarmants, symbolise par excellence une politique de monopoles industriels, qui n’ont cure des pollutions irréversibles que leurs profits provoquent.
En temps de paix, l’artiste peut bien permuter des formes, et observer quelle sorte d’épaisseur ou d’obscurité en procèdent. En temps de peur, d’angoisse et de guerre, il utilisera ses techniques acquises, ses outils pour conjurer ce qui vient de l’invisible, et l’encercle.
Quelle main secourable crèvera le ciel d’une si funeste, si néfaste politique ? Quelles jambes aurait-il pour fuir, quand toute sa vie fait corps avec son lieu, dans la fraternité des arbres et sur le fil de l’horizon changeant ?
Il ne lui reste désormais pour territoire, selon le beau terme de Gilles Clément, qu’un jardin de résistance. Tandis qu’au loin résonnent les coups sourds du chantier de mort et que dans la forêt s’écroulent de grands arbres sains, il ne lui reste pour demeure que la maison-témoin du pouvoir morbide qui s’étend – il lui reste la force et la foi de montrer qu’ainsi, c’est par le même chemin que ce pouvoir morbide lui-même va finir.
Présentation d’Eric Meunié
Eric Meunié a animé le collectif L’absolu manifeste entre 1982 et 1988 aux éditions Clancier Guénaud à Paris. À titre personnel, il a publié aux éditions POL deux romans, chez Créaphis un Mythe moderne et un Tombeau photographique, aux éditions Exilssa Poésie Complète (numérique). Il fut Missionnaire Stendhal au pays de Malcolm de Chazal en 1994, Résident au CIPM en 2002…
L’absolu manifeste (comme le Bout des Bordes plus récemment) s’est établi en Normandie en 1992, site et mouvement dont Catherine Langumier est désormais la porte-parole.
http://www.cipmarseille.com/publication_fiche.php?id=d59226f99f66b3386a96a0c6282c4484
http://en.calameo.com/read/0000173246283f392f215
LES LIMITES DE LA PROPRIETE - sphère barbelée - Catherine Langumier (1997)
art mature ardoises épidémic cousues de fils électriques
L'ARBRE DE JOEL HUBAUT - SITE DE LAME
art mature ardoises épidémic cousues de fils électriques
L'ARBRE DE JOEL HUBAUT (détail) - SITE DE LAME
JOSEPH BEUYS : LA MORT ME TIENT EN EVEIL ( 1994 - entretiens - extraits )
... Car la souffrance a une tonalité très particulière dans le monde ... c'est sans doute une substance sacramentelle invisible et visible à la fois. Et ceux qui la remarquent aujourd'hui sont moins les hommes que les arbres ... eux aussi connaissent cet état de souffrance. Ils sont privés de leurs droits. Ils savent très bien qu'ils sont privés de leurs droits. Les animaux, les arbres, tous sont privés de leurs droits. Je voudrais faire des animaux et des arbres des êtres ayant une capacité juridique ... c'est là bien-sûr un devoir de l'homme ... il devra progressivement élever son intelligence dans le bon sens, en commançant par les arbres ...
L'arbre qui prévient L.A.M.E 2012
LA CLAMEUR DE LA FORET
La firme commence d’installer une autoroute électrique
par-dessus nos têtes
une double ligne à très haute tension de 400 000 volts
pour desservir un réacteur nucléaire en construction
Des projets de l’industrie l’homme et son biotope sont absents (ardoise N° 53)
Nous avons refusé de signer la dite CONVENTION DE SERVITUDE
Lors d’une intrusion sur le site de LAME
des arbres ont été badigeonnés au rose fluo
en vue d’être abattus
Ces arbres se situent en zone ZNIEFF
Zone Nationale d’Intérêt Ecologique Floristique et Faunistique
De surcroit, ces arbres assurent une retenue de terre au-dessus de la rivière
dans une zone exposée au risque de glissements de terrain
(cf. Atlas des chutes de Blocs)
Adoptez un arbre sur le site de LAME
Donnez-lui votre voix
En quelques mots qui seront transcrits sur une ardoise
Et que nous accrocherons à ses branches
Nous vous remercions d’envoyer vos participations
aussi vite que possible
à l’adresse mail ci-dessus.
LAME – L’Absolu ManifestE
l.a.m.e@orange.fr
Faites passer ...
la bergère de
granit Catherine
Langumier - Land-Art
Un creux de terre verte, bordée d’une rivière vive où le ciel enfonce son coin acéré. Une terre en pente qui dévale, mottes moelleuses sous les talons où l’on peine à rester
debout bousculés par la lune qui déboule sous les jambes à nous faire rouler cul par-dessus tête. C’est sur cette terre à la gite que ma soeur avait jeté l’ancre il y a presque vingt ans. Un vrai
chien Pipo en ciré jaune qui quittait la tempête pour la maison de Caroline. Un jeu de poupée découpée dans du carton dont on troquait à l’envie les tenues de papier : bonnet, mitaine, drap de
laine. On avait tous eu froid à Saint Maur et se disait que c’était ça une terre pentue accrochée dans un temps d’avant le confort, où l’on comprenait que Rousseau avait eu trop chaud au visage
et trop froid au dos. On venait s’asseoir au foyer, boire un verre de vin et on y cardait son étoupe mentale, filant sa laine intime et enroulant sur ses mains ouvertes un bel écheveau de fils.
Quantité d’écheveaux colorés et intangibles de fils rénovés. Sale ironie qu’une ligne bassement tendue soit la troisième Parque de ce bel ouvrage de dame.
Salut à toi dame Catherine, la renoueuse de Normandie.
photographie Yves Pommeron
Deux choses me remplissent le cœur d'une admiration et d'une vénération, toujours nouvelles et toujours croissantes, à mesure que la réflexion s'y attache et s'y applique : le ciel étoilé au- dessus de moi et la loi morale en moi. Kant, Critique de la raison pratique, V, §77